Encore et toujours...

A la fenêtre de tes yeux

A la fenêtre de tes yeux
tous ces nuages gris...
 
Ô mon amour
crois à l’oiseau
l’aurore t’attend pour se lever!
 

YP, le 15 août 2017 

 

Crépuscule

Tu es parti--
Sur la fenêtre
je trace de mes doigts
la tristesse délicate du crépuscule.
 
Le futur n’est plus ce qu’il était!
 
YP, le 3 août 2017

Je m’allongerai près de toi...

Je m’allongerai près de toi
je poserai mon épée de silence entre ma nuit et ton rêve.

Je resterai là
je respirerai ton âme au-dessus du sable innocent.

Puis l’aube viendra--
La poussière de mes os s’envolera sous le regard mourant des étoiles. 

YP, le 22 juillet 2017

Inspiré par Bei Dao

Entre moi et le monde

tu es le lait de la lune

le premier cri du nouveau-né

le silence brûlant d’un mirage;


Entre moi et le monde

tu es la vague du champs de blé

le parfum caché de la violette

la cerise gourmande sur des lèvres;


Entre moi et le monde

tu es la lampe à jamais allumée

le lit

le rêve de l’oreiller dans les lianes des draps--

 

Tu es ma nuit aux doux murmures. 

YP, le 16 juillet 2017

Dîner aux chandelles

J’ai mis ton couvert
puis j’ai ressorti tous nos souvenirs
sur la nappe qui déjà se ridait
et j’ai attendu__
 
seul le vent a cogné à ma porte.
 
YP< le 31 mai 2017
Cet amour
comme un tricot 
dont mailles se mettent à quitter les aiguilles.
 
YP, le 20 mai 2017

Quelques mots à dire à l'aimé

O, mon amour!
Dans nos matins
de vent et de mousse
dans nos soirs
de ciels et de papillons
O, mon amour,
La terre est à peine assez grande pour notre enchantement!

YP, le 4 mai 2017

Chante

Chante, mon enfant --
dans ta gorge
la lumière de l’étoile éteinte
fait encore entendre sa voix.
 
YP, le 10 novembre 2016

Elements

Sa mère prenait les eaux

sa sœur le soleil

Elle

prit le vent

comme on prend un train

pour laisser le passé derrière soi.

YP, le 21 octobre 2016

Conversation avec l’enfant

 
La pluie se mouille-t-elle?
Le soleil a-t-il chaud?
L’obscurité voit-elle?
Le thon boit-il de l’eau?
 
Je ne sais, mon enfant,
ma mémoire s’érode…
Viens,
rentrons avant la nuit!
 
YP, le 30 septembre 2016

Le mur

Mon front repose sur  ma main

et ma main sur le mur.

Mes yeux se ferment

et se répandent sur mes joues.

 

Tant de souhaits

sur ces petits papiers

confiés à la pierre.

 

Des chuchotements

des chants

une danse des corps

une valse au rythme des prières. 

YP, le 28 avril 2016

Le jardin

Quelle Histoire?

Quelle cruauté?

a demandé le jardin. 

Il n'existe que quatre saisons

et un doux jardinier qui s’occupe de moi.


YP, le 22 avril 2016

 

Ce soir...

Ce soir

je bois à ta peau

à son odeur d’exil.                                                

Ce soir

je bois à ton coeur

à son entaille profonde.             

Ce soir

je bois encore à tes yeux

aux noms qu’ils murmuraient.            

Ce soir je bois 

car tout est sec--


Mensonge, remplis encore mon verre!

YP, le 15 avril 2016

Cauchemar

Lente sortie du sommeil--
La caresse douce de l’aigre souvenir
surprend l’enfant devenu vieux.
 
YP, le 28 février 2016

Passant

Passant,

toi au regard baissé

et au bouquet fleuri,

ralentis un peu!

 

N’aie pas peur…

je suis là sous tes pas.

Arrête-toi un moment,

écoute ma prière!

 

Je ne suis plus:

l’hiver a délavé mes yeux

l’été a desséçhé mes lèvres.

Seul mon coeur vibre encore!

 

Il se souvient des amitiés,

des sourires en terrasse,

il se souvient des amours

des taxis de la gare.

 

Le violon s’est perdu.

La guitare est muette.

Seuls les mots résonnent

dans ma lumière noire!

 

Passant,

toi au regard baissé,

je suis si seule.

De ton bouquet,

 

laisse-moi une fleur!

 

YP, le 14 décembre 2015

Ecoute

L’entends-tu

mon amour

cette douce rumeur

celle de l’habitude?

Elle s’envole

de mémoire en mémoire

papillon du passé dans la nuit qui revient. 

 

YP le 4 novembre 2015

Complainte de la première femme

Que trouverai-je encore

cette nuit

dans le nid de tes rêves?

Une pomme

roulant à jamais

loin du jardin

au rythme de l'indifférence divine?

 

YP, le 27 juillet 2015

Mon doute


Ô toi, mon doute,
Je sens ta main caresser mon épaule
Je sens ton corps se presser sur ma hanche
Et tes pas tendrement se marier aux miens
Je sens tes eaux remonter dans mes yeux
Lacs où ton ombre s'installe
Ô toi, mon doute,
mon compagnon bientôt si familier!

YP, le 9 juin 2015

Inspiré par Gilles Brulet et Jean Arp. Merci!


Bien avant l'aurore, deux oiseaux se sont mis à chanter:
-- Coucou, où es-tu?
-- Ici... Je suis là!
-- Où là? Dans le Lilas?
-- Non, plus loin, dans le camélias... Retrouve-moi vite, bel Alfredo!
-- Ah, Violetta! ...
Et patati et Traviata!
Bref, une sérénade pas possible! Et voilà que le soleil s'est réveillé!
--A-t-on idée de chanter l'amour à cette heure? grommela le soleil qui n'avait vraiment pas envie de se lever. Il faut dire, qu'Il avait eu la veille rendez-vous avec la lune. Il l'avait attendue le plus longtemps possible.
Mais elle lui avait encore posé un beau lapin, un autre qu'il allait ajouter à sa collection.
Ça lui prenait toujours au printemps, le soleil, à vouloir faire la cour à la lune et comme ça, durant tout l'été. Puis, il se calmait à nouveau à l'automne. Au cœur de l'hiver, le pauvre faisait enfin son deuil, et ce, jusqu'au mois de février. Et puis, ça lui reprenait à nouveau, comme tous les ans et en été, la chasse à la lune était ouverte!
-- A-t-on idée de chanter l'amour à cette heure, se plaignit encore le soleil sans conviction, à présent. Et zut! Quand on est le soleil, on ne peut pas aller se recoucher comme ça, ça fait désordre!

Alors, le soleil continua à illuminer la Terre et ses camélias pour le plus grand bonheur de deux oiseaux qui allaient enfin pouvoir se voir.


Y.P. Le 8 juin 2015

Boulangerie

''Comme d’habitude, disait maman, 
un grand pain et une baguette'' 
Et je partais 
je m’enfuyais enfin
loin de la maison. 

L’à point dans ma poche
je sautillais en évitant 
les crevasses et les lignes du trottoir. 
Le soleil et le vent couraient avec moi 
mais je gagnais 
comme toujours
arrivant la première à la boulangerie.


Il y avait alors l’attente

dans la file
les vieilles dames et leurs gros cabas.
Il y avait aussi le baba au rhum qui me regardait. 
Les chouquettes riaient de bon coeur
à l’amour que ce baba me portait. 
Moi, je faisais semblant de regarder les brioches: 
j’étais alors très timide 
devant les marques d’attention des étrangers.


Voilà, enfin, c’était mon tour 

j’aimais énoncer d’une voix forte: 
''Un grand pain et une baguette, s’il vous plait!''

_''Voilà, jeune fille'' disait la boulangère.
Jeune fille! 
Je rougissais mais n’en laissais rien voir au baba. 
Puis je repartais plus sage avec mes deux pains. 
Plus question de sautiller pour ne pas les abimer,
mais surtout pas question de regarder le croûton!


On se connaissait bien tous les deux
le croûton et moi
c’était la lutte

tous les jours
en sortant de la boulangerie.
Je ne le regardais jamais car je savais
qu’il me coûterait une bonne fessée
si je me laissais aller à écouter mon coeur!


C’était une toute autre enfant 
qui revenait d’aller chercher le pain. 
Elle était toujours aussi essoufflée
mais elle était heureuse
et fière de revenir sa mission accomplie
et ses pains intacts: 
''Je n'ai pas succombé!'', répétait-elle'
''Encore un jour où je n'ai pas succombé!''

YP le 29 avril 2015

Je marche

Je marche.
Je descends la rue qui fuit vers la mer.
Je marche aveugle aux passants,
leurs yeux dans mes poings fermés.
Je baigne dans la lumière toute à moi.
Je marche.
Les palmes bercent le bleu au-dessus.
Le ciel descend.
Il me soulève.
Je ne marche plus.

Je suis l'autre qui te ressemble.
Dans ma gorge, la mouette chante. 
Des mots pleuvent de mes ailes
sur les épaules de mes frères.
Je vole.
Au souffle de ma bouche,
mon foulard enveloppe des baisers.
Les roses chuchotent le silence
au delà du temps et de la chair.

 

Mon présent est le vôtre,
Vous, mes plus chers,
acceptez
ce tracé mouvant sur les lèvres du printemps;
Suivez
l'orphelin aux pleurs allumant le soleil; 
Rejouissez-vous
le grain n'est plus en exil;


il a retrouvé son jardin!

YP le 4 mars 2015

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Jo Cassen | Reply 29.04.2015 16.21

toujours, toujours superbe. Ma poète superbe?

YP 02.05.2015 18.34

Merci, mon ami!

Jean-Luc | Reply 29.04.2015 15.50

Ils reviennent à ma mémoire, mes souvenirs familiers ...

YP 02.05.2015 18.36

Ah, cette mémoire! Et oui, moi c'est pas une madeleine qui m'inspire!

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Latest comments

30.04 | 20:18

Merci, Jo! Très gentil à vous :)

...
23.04 | 03:10

Superbe et fabuleusement réconfortant. Merci Chère Amie. Jo Cassen

...
06.01 | 23:11

Merci pour ces beaux partages !!

...
06.01 | 22:57

Beau !

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